Place des Chameaux et Porte de Constantine |
Des jours qui passent, il ne reste que des images de plus en plus floues.
Espace jauni, voile vaporeux de la Place des Chameaux,
Horizon blanchi de burnous de la maison des Meskines
Brouhaha de l’embarquement des paniers au départ des cars
Air enfumé des parfums sucrés huileux du marchand de beignets
Statue du 3ème zouave, rond-point qui fait pirouetter
La petite poste et son histoire du coup de téléphone à Biskra,
La Maison de l’Artisanat et son fameux bal des agricolos,
Le stade de l’Espérance et ses belles basketteuses,
L’usine de pâtes avec ses spaghettis, lasagnes et autres doubetielles,
La fabrique Kesler et ses bouteilles de bière,
Et toutes ses fuites vers le Faubourg, le Montplaisant, le Stade municipal, le cimetière?
ensoleillées de vibrante poussière... Claude Cacciutolo 31-07-2005
Pour mieux comprendre,
La Maison des Meskines, bel édifice élevé de quelques marches, un corps principal et deux ailes était une sorte de maison d’aide aux petits paysans indigènes et autres pauvres. ,(meschino, italien XII e, miskin, arabe : pauvre )
La Petite Poste desservait le quartier. C’est là que ma tante Angèle accompagnée de sa sœur, ma mère, ont surmonté leur terreur du téléphone.* ( d’après mon père qui raconte l’histoire )
- Mesdames ! ...Biskra ! C’est à vous !
L’avis d’appel venait de Biskra où Lucette avait déménagé avec Georges, son mari, nommé chef de Gare. Premier éloignement dans la famille. Les deux sœurs blotties l’une contre l’autre s’inquiétaient : « Va savoir ce qu’il y a ! » « Tu parles toi » « Non, toi ! » Tout à coup voilà qu’elles tressaillent à la sonnerie ; « Mon Dieu, ma fille ! Vas-y toi ! » « Non toi ! »
Toute une histoire et un mime. Mon père se régalait. Tout le monde riait. « Va, va de là Léo, arrête va ! » « Pourquoi, C’est pas vrai ? » Rires
La Maison de l’Artisanat recevait des apprentis en formation. Ma mère rêvait : « Léo, demande une place ! Avec le beau métier que tu as ! » Ce bâtiment s’avançait en arrondi par une grande salle où les Agricolos, élèves de l’école d’agriculture, donnaient leur bal annuel ; grand évènement auquel répondait le Bal de la Mairie
Doubetielles : petites pâtes coudées creuses que l’on désigne .en accompagnant leur nom du pouce posé à mi-longueur de la première phalange de l’index ( geste de ma tante Marcelle)
Les basketteuses de l’Espérance, coqueluches de la ville
La place des chameaux, grande esplanade où je n’ai jamais vu que des bêtes de cirque plutôt que des caravanes. Le cirque Amar, le cirque Antonio y dressaient leur chapiteau
( On retrouve le monument à la gloire du 3ème Zouaves, la place des Chameaux, la maison de l’artisanat ,la maison des Meskines sur les nombreux sites de photos et cartes anciennes )
*témoignage de l’époque où la ville se modernisait ( 59 55 : limonaderie A. Cacciotolo )
![]() Place des Chameaux avant le transfert du monument du 3è zouave-prise du nord |