![]() |
| |||
|
En contrebas de la rue, dissimulée par des grenadiers et des eucalyptus, cette maison à la campagne où nous allons régulièrement avec ma mère n'offre aucun confort. Toutes sortes d'instruments de musique que nous martyrisons, se trouvent dans le séjour où une cheminée est allumée l'hiver pour notre plaisir. Ma grand-mère préfère le kanoun, petit brasero, qu'elle peut déplacer à son gré, et chose impressionnante, elle réarrange les morceaux de charbon à mains nues, en prenant bien son temps, sans jamais se brûler.
C'est elle qui nous "passe les coups de soleil", lorsqu'une trop longue exposition fait monter la température du corps à 40°. Un linge blanc mouillé, du sel, ses mains, des prières bien sûr, et le problème est réduit dans l'heure. Jamais une ombre d'inquiétude, le résultat est acquis d'avance !Point de douche ici. C'est au jet d'eau que cela se fait pour nous les enfants, et commencent alors pour les parents les innombrables
"les enfants, arrêtez avec l'eau !".Le dîner improvisé se prend dehors, lorsque le soleil s'en est allé. Des discussions à n'en plus finir, des petites disputes lorsque les arguments sont en défaut, de la tristesse en évoquant l'absence d'un proche, et des rigolades interminables.
Les cigales se sont tuent. Les tarentes (lézards) ont pris possession de la façade...
Maman nous emmènera à la plage demain après-midi, après la sieste. Le soleil tape moins fort à cette heure là. Nous irons à Rusicade juste après le Château Vert.
Après avoir longé la Marinelle, où l'odeur âpre des anchois et des sardines nous sert traditionnellement de prétexte à un concours d'apnée, c'est la boutique du marchand de gargoulettes de toutes formes et tailles. Un dernier tournant et un paysage éblouissant, la baie de Stora, une des plus belles d'Algérie, dessinée là, à n'en pas douter par Astarté elle-même !
A cette heure de l'après-midi, le sable est moins chaud et la caresse de l'eau maternelle. Nous la lui rendons bien. Sur le chemin du retour maman nous achète un beignet au sucre dans une des baraques qui longent la mer.Nous attendons papa près de la Grande Poste et reprenons notre route jusqu'à la maison. La dernière côte est rude et nos pelles de plage soudain bien lourdes.
Après le repas, un dernier regard sur le port - la mer est toujours là ! -
... La voix de papa... "au schloff !" (au lit !).
...
/... |
| |
![]() La plage Bikini - Stora |
|
|
Toute ressemblance avec des personnes ou des lieux ayant existé
n'est que pure volonté.