![]() L'école en Juin 2005 |
Nous partions, en direction de
Jeanne d’Arc comme pour la baignade: la gare, l’arrière du port et son parc à moutons, le pied du Skikda, la côte rocheuse,
l’îlot des chèvres, l’embouchure du Saf-Saf puis la mer, la mer d’où le soleil levant dardait ses rayons sur une frange
d’écume bordant une longue plage blonde, des dunes de part et d’autre de la route, première fontaine, deuxième, la piscine,
le bateau coulé, le camp Péhau enfin les Platanes.
![]() Début de la route de Jeanne d’Arc |
![]() Les platanes en juin 2005 |
La 2CV grise, la 4CV verte traversaient
ce court espace de plaine sablonneuse pour s’élancer sur les pentes du djebel ( 586 m ) ; vers la droite, la mine de fer
(pyrite ) et tout en haut le village d’El-Halia ,vers la gauche, au sommet, la carrière de marbre (déjà connue des Romains )
où les scies découpaient de larges dalles en se balançant dans un chuintement d’eau ruisselante.
La végétation dense de chênes-lièges,
térébinthes, lentisques, arbousiers, touffes de diss,… semblait retenir en équilibre d’énormes blocs de granit en cascade.
A mi- hauteur dans un virage en épingle à cheveux : une école, seule, au bord de la route. (créée en 1934. - JP Castanet )
Bâtie en pierre de taille, elle comptait deux classes, à droite, les dépendances
qui allaient servir de cantine, à gauche, le garage où se rangeaient les outils de jardinage, au-dessus, l’appartement de fonction dont les fenêtres
s’ouvraient sur un large balcon. Une glycine grimpait sur sa façade mêlant ses violets aux orangés d’une bignone ….
Deux classes préfabriquées avaient été rajoutées à ses côtés.
Nous montions chaque matin par nos propres moyens à nos risques dans cette zone
interdite portant dans nos coffres le ravitaillement pour le repas des élèves : haricots, pâtes, huile…Le vieux gardien préparait la cuisine dans ce
qui avait dû être la buanderie. Le repas que nous distribuions se prenait sous le préau, assis à même le sol.
Le motoculteur de la classe de fin d’études à orientation agricole, pétaradant
sur les banquettes étagées du jardin scolaire accroché au flanc du vallon attira quelques curieux un jour de démonstration.
La Campagne de l’Arbre, ‘’Mille eucalyptus’’ organisée par les Eaux et Forêts avait permis
de planter quelques arbres autour de l’école dans le creux d’un ravin, torrent occasionnel, où coulait un filet d’eau. Un gros crabe, sorte
de ’’dormeur’’ comme on disait à la mer, confirmait la fraîcheur du terrain. Une protection de branchage épineux était sensée mettre ces jeunes
plans à l’abri de la dent des chèvres. Chaque élève était rentré chez lui serrant sur sa poitrine le petit arbre qu’il allait planter devant sa maison.
Un bruissement de feuilles, une dégringolade de petits cailloux,
le passage d’un troupeau de chèvres au ras des fenêtres de la classe attirèrent l’attention. Une jeune chevrière s’enfuyait en poursuivant
ses bêtes emportées par la pente. La poussière retombée et l’étonnement apaisé, il ne resta plus que, déposée sur le pas de la porte de la
classe, une magnifique touffe de cyclamen fraîchement déracinée…
![]() Carte Taride 1950 |